Uber surfacturerait en douce certains de ses clients

En se basant sur l’historique de leurs déplacements et leurs activités

Will Preston, contributeur sénior du média Rideshare Guy spécialisé dans le VTC, s’est intéressé à la manière dont Uber facture ses différents clients, notamment ses anciens et ses nouveaux clients. Il souhaitait déterminer si cette entreprise technologique américaine applique une politique tarifaire uniforme pour tous ses clients ou si, au contraire, elle facture certains utilisateurs de son service plus que d’autres.

Son nouvel emploi l’autorisant à se déplacer plus souvent, il a effectué des trajets réguliers entre son domicile, l’aéroport et son lieu de travail en faisant très souvent appel à la société de transport Uber. À San Diego où il vit, le prix standard d’une course pour un passager est de 1,10 USD par mile et de 0,15 USD par minute. Il avait pour habitude d’être facturé entre 55 et 60 USD par Uber chaque fois qu’il se rendait à l’aéroport ou qu’il rentrait à son domicile.

Il y a quelques mois, il a commencé à effectuer des voyages d’affaires à intervalles réguliers. Depuis cet instant, il a remarqué que le prix prédéterminé de ses courses entre son domicile et l’aéroport est monté à 70 USD à l’aller et à 80 USD au retour, ce qui correspond à un prix anormalement plus élevé pour le même trajet en se basant sur le prix initial pratiqué (55 à 60 USD). Paradoxalement, sa femme était facturée au tarif prédéterminé « normal » par Uber (55 à 60 USD), voire moins, pour les mêmes trajets.

Ses observations sur le terrain l’on mené à ce constat : en se basant sur l’historique des déplacements des utilisateurs de son service, la société Uber aurait tendance à faire payer plus cher (surfacturer) son service de transport à ses clients réguliers et aux professionnels, alors que les utilisateurs occasionnels ou nouveaux de son service de VTC bénéficieraient d’une tarification « plus juste » de leurs courses. Autrement dit, plus vous faites appel aux services de VTC d’Uber pour vos déplacements, plus grandes sont les chances que cette entreprise vous fasse payer plus cher le prix de chaque kilomètre parcouru pour vos futures courses.

Il ne s’agirait pas ici d’une surfacturation effectuée par le conducteur ou qui profiterait à ce dernier, mais plutôt d’une augmentation de 10 à 30 % du « tarif prédéterminée » pour une course donnée. Ce « pourboire forcé » qui atterri directement dans les caisses d’Uber pourrait permettre à la startup américaine de renflouer ses caisses tout en préparant plus sereinement son introduction prochaine en bourse.

Preston dénonce dans son article le modèle de « tarification prédéterminée » pratiquée par Uber, un modèle qui, d’après lui, permet d’arnaquer en douce certains passagers. Et comme il l’a lui-même fait remarquer, on aurait pu s’attendre à ce que ce soit la situation inverse qui soit décrite, sachant que ce sont les habitués et les clients les plus anciens d’une société qui sont en général favorisés par l’entreprise bénéficiaire pour récompenser leur fidélité.

L’un des problèmes découlant de cette observation, c’est qu’aucun élément ne permet de justifier la politique de facturation appliquée par Uber. Le prix « réel » ou homologué de la course est caché au passager et ce dernier a très peu de chance de savoir ce qu’il paie vraiment. Il en va de même pour le conducteur du véhicule Uber qui ne sait rien des modalités de calcul de la facture de son client et qui ne fait que transmettre le montant qui lui est communiqué.

Il faut souligner que la startup américaine teste, depuis plusieurs mois, un système de tarification dit « dynamique » qui est basé sur l’intelligence artificielle. Ce système permet de déterminer le prix le plus élevé qu’un passager potentiel peut consentir à payer pour un trajet donné, permettant ainsi à la startup de facturer certains clients plus que d’autres. En gros, grâce à ce système, à distance, durée de trajet et demande égales, une personne se rendant dans une zone plus huppée paiera plus cher qu’une autre se rendant dans une zone moins populaire.

Mais cela n’explique pas pourquoi sur un même trajet la startup surfacture discrètement un même client lorsque, par exemple, elle remarque par l’intermédiaire de son IA que ce client se déplace pour affaire ou rentre, probablement épuisé, d’un voyage d’affaires.

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