Scandale C.A : Facebook confirme à la CE que 2,7 millions d’Européens en sont des victimes

Et promet d’informer tous ceux qui sont concernés

Lorsque le quotidien américain New York Times et britannique The Guardian ont publié des informations relatives à une campagne de manipulation orchestrée par l’entreprise Cambridge Analytica, une société spécialisée dans l’analyse de données (data mining), il a été évoqué le nombre 50 millions d’utilisateurs Facebook dont les données ont été exploitées à leur insu.

Cependant, après l’audition du lanceur d’alerte Chris Wylie par le comité parlementaire britannique, celui-ci a déclaré que « Le chiffre de cinquante millions est ce que les médias ont jugé plus sûr de mentionner en raison des documents qui leur sont parvenus. »

Optant pour la carte de la transparence, après avoir mené une enquête, Facebook a affirmé dans un billet que Cambridge Analytica a utilisé des informations d’un nombre bien plus important : « Au total, nous pensons que les informations Facebook de 87 millions de personnes – principalement aux États-Unis – ont peut-être été partagées de manière inappropriée avec Cambridge Analytica. »

Facebook a confirmé que le cabinet londonien de marketing politique Cambridge Analytica avait bien siphonné les données personnelles de 2,7 millions d’internautes de l’Union européenne, a annoncé vendredi un responsable de l’UE.

La Commission européenne (CE) a dit avoir reçu une lettre du réseau social jeudi soir et qu’elle demanderait davantage de détails, accentuant sa pression sur le groupe dont la capitalisation boursière a fondu de plus de 100 milliards de dollars (82 milliards d’euros) au cours des dix derniers jours.

Dans le sillage du scandale de la vie privée, Facebook s’est engagé à « dire aux utilisateurs si leurs informations pourraient avoir été incorrectement partagées avec Cambridge Analytica ».

Par ailleurs, Mike Schroepfer, le CTO de Facebook, a annoncé un certain nombre de changements dans l’utilisation des données sur les clients par Facebook, y compris la collecte d’appels téléphoniques et de messages SMS. Ces changements visent à améliorer la protection des données privées des utilisateurs.

Notons que le scandale a eu un effet domino sur des projets de Facebook. L’un d’eux, qui impliquait un partage des données médicales avec les hôpitaux s’est vu mettre en pause.

D’après deux personnes familières au projet, l’argumentaire de Facebook consistait à combiner ce qu’un système de santé connaît de ses patients (par exemple : en telle période, une personne de 50 ans, ayant une maladie cardiaque, prend deux médicaments à X fréquence et s’est rendue à l’hôpital Y fois durant la période) avec ce que Facebook sait (par exemple : l’utilisateur a 50 ans, il est marié et a trois enfants, l’anglais n’est pas sa langue maternelle, il est engagé activement dans une communauté et envoie de nombreux messages).

L’objectif du projet est de déterminer si cette information combinée pourrait améliorer les soins apportés aux patients tout en mettant l’accent sur la santé cardiovasculaire. Par exemple, si Facebook pouvait déterminer qu’un patient âgé n’a pas beaucoup d’amis proches ou beaucoup de soutien communautaire, le système de santé pourrait décider d’envoyer une infirmière pour un check-up après une chirurgie majeure.

Plus tard cette semaine, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, ira témoigner devant le congrès après avoir d’abord déclaré qu’il ne le ferait pas.

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