Scandale C.A. : Facebook annonce des réformes sur sa politique de sécurité des comptes utilisateurs

Qu’en est-il d’Instagram et WhatsApp ?

Facebook a annoncé sa nouvelle politique de sécurité pour préserver la confidentialité de ses utilisateurs. Les changements, dit-il, permettront aux utilisateurs de comprendre davantage le fonctionnement du réseau social. Ils pourront ajouter plus de couches de protection, contrôler ce qu’ils partagent et les supprimer s’ils le souhaitent, contrôler les annonces qu’ils voient et gérer les personnes qui voient leurs publications et informations de profil. Cette annonce vient après de précédents rapports de la compagnie disant que des personnes tierces auraient collecté les informations personnelles de plus de 50 millions d’utilisateurs à leur insu. Elles auraient ensuite passé ces données à la firme d’analyse des données politiques Cambridge Analytica. Ce qui est contraire à la politique de Facebook.

Nouvelle politique de confidentialité

Sur sa propre plate-forme, Facebook a promis de nouvelles fonctionnalités pour les applications interentreprises, assorties de « politiques et conditions rigoureuses ». Les applications permettant d’accéder à la liste d’amis d’un utilisateur seront désormais examinées par Facebook. La compagnie ajoute : « si nous trouvons des développeurs qui ont mal utilisé des informations personnellement identifiables, nous les bannirons de notre plate-forme ».

La société a également promis de rendre les fonctionnalités de gestion des applications « plus faciles à gérer » afin que les clients puissent voir sur quoi ils se sont connectés, comment ils utilisent leurs données et couper les liens s’ils le souhaitent. Facebook élargit également son programme de récompenses pour la découverte de failles afin que les gens puissent les signaler s’ils trouvent des abus d’utilisation des données classées confidentielles par les développeurs d’applications.

Il a mis tous les paramètres sur une page, plus facile à changer et plus simple d’arrêter les applications utilisant des données. Michael Pachter, analyste de Wedbush a établi une différence entre l’ancienne et la nouvelle politique de confidentialité : « la plus grande différence est la facilité d’accès dans les paramètres. Ce qui répond à la promesse de Mark Zuckerberg de rendre le processus de confidentialité et les autorisations plus transparentes pour les utilisateurs ».

Après cette annonce, des opinions se sont dégagées. Les analystes ont déclaré que les révisions de Facebook publiées ressemblaient plus à des ajustements qu’à de gros changements rendant la gestion des données plus transparente plutôt que de changer la façon dont l’entreprise fait des affaires. « Il ne semble pas que les changements qui ont été proposés soient particulièrement significatifs », a déclaré Brian Wieser, analyste de Pivotal Research Group.

Le président et fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg s’est excusé à plusieurs reprises pour les erreurs commises par l’entreprise et a promis de sévir contre les abus de la plate-forme et de restreindre l’accès des développeurs aux informations des utilisateurs.

Facebook était incertain quant à la satisfaction des législateurs par rapport aux changements évoqués. Ces changements ont été annoncés en prévision d’une loi stricte sur la préservation des données de l’Union européenne qui entrera en vigueur en mai. Cette loi oblige les entreprises à donner aux utilisateurs un « droit à la portabilité ». Ce dernier leur offre la possibilité de récupérer une partie de leurs données dans un format ouvert et lisible. Cette loi prévoit des amendes allant jusqu’à 4 % du revenu mondial pour les entreprises qui l’enfreignent.

Des organismes internationaux sollicitent une demande d’explication auprès de Facebook

Aux États-Unis, les législateurs réclament toujours que Zuckerberg lui-même explique comment les données des utilisateurs ont fait pour finir entre les mains de Cambridge Analytica.
La commission fédérale du commerce des États-Unis a ouvert une enquête sur Facebook et des avocats représentant 37 États insistent également auprès de Zuckerberg pour qu’il explique ce qui s’est passé.

Zuckerberg, les PDG d’Alphabet et de Twitter ont été invités à témoigner lors d’une audience le 10 avril sur la confidentialité des données. Le comité américain de l’énergie et de la chambre du commerce des représentants, en association avec le comité sénatorial américain du commerce, ont également demandé à Zuckerberg de comparaître lors d’une audience.

D’autres analystes ont déclaré que la société d’extraction de données, en l’occurrence Cambridge Analytica, a reçu ces données d’un développeur d’applications tiers. Ils expliquent qu’une entreprise comme Pepsi peut publier sur Facebook des informations tirées de profils utilisateurs comme les adresses électroniques ; informations qu’elle achète auprès d’agrégateurs de données comme Experian. Ce dernier rassemble l’historique des achats et d’autres informations précieuses des utilisateurs. À en croire les analystes, Facebook partage ses revenus avec des sociétés comme Experian qui l’informe chaque fois que quelqu’un achète un espace publicitaire sur Facebook en utilisant ces données.

Facebook entreprend des réformes radicales.

Facebook déclare : « nous voulons faire savoir aux annonceurs que nous allons arrêter ce type de partenariat qui permet aux « courtiers de données » de mettre à la disposition des personnes malveillantes des informations privées ». La compagnie ajoute : « bien que ce soit une pratique courante dans l’industrie, nous croyons que cette étape qui se terminera au cours des six prochains mois aidera à mieux sécuriser la vie privée des gens sur Facebook. »

Facebook aurait oublié deux autres de ses services qui regorgent aussi d’un grand nombre de données

Dans son vaste programme de révision de la politique de confidentialité des utilisateurs, Facebook n’a pas mentionné que ce contrôle s’appliquera aussi à d’autres de ses services à l’instar de Whatsapp et Instagram. Pourtant, Instagram a enregistré mensuellement plus de 800 millions d’utilisateurs à partir du mois de septembre dernier et WhatsApp en janvier a eu plus de 1,5 milliard d’utilisateurs. Les termes de services d’Instagram ont été mis à jour depuis 2013. WhatsApp offre un cryptage de bout en bout pour les messages, ce qui signifie qu’il est plus difficile pour les autres de voir les conversations que vous avez. Mais ses contrôles de confidentialité sont limités.

Pour conclure, « nous savons que ces changements ne sont pas faciles », a déclaré Ime Archibong, directeur des partenariats chez Facebook. « Mais nous croyons que ces mises à jour aideront à atténuer tout abus de confiance avec l’écosystème des développeurs », il a ajouté.

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