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Qualcomm rejette l’offre finale de 82 $ par action faite par Broadcom à l’issue de leur rencontre

Mais se dit ouverte à d'autres négociations

Depuis le mois de novembre dernier, Broadcom a dévoilé ses intentions d’acquérir le fabricant de semi-conducteurs Qualcomm. Après plusieurs offres de Broadcom jugées inacceptables par Qualcomm, les deux fabricants de semi-conducteurs devaient se rencontrer pour la première fois ce mercredi 14 février pour accorder leur violon sur ce qui semble être la plus grosse affaire du secteur technologique.

Comme il avait été convenu, les deux entreprises se sont rencontrées afin de statuer sur la proposition de Broadcom. Il faut rappeler que dès les premières heures de cette OPA, Broadcom avait fait une offre de 103 milliards de dollars (72 dollars par action) qui a été rejetée par Qualcomm. Pour contenter Qualcomm, Broadcom a fait nouvelle offre de 121 milliards de dollars équivalant à 82,00 USD par action (60 USD en espèces et 22 USD en actions Broadcom), mais le conseil d’administration de Qualcomm, qui a souhaité avoir plus de précision sur cette offre, l’a à nouveau rejetée, estimant que cette offre sous-évalue considérablement son entreprise.

Les deux entreprises ont donc choisi mercredi dernier pour tenter de parvenir à un accord. Dans cette réunion qui a eu lieu, Broadcom a réitéré ses 82 dollars par action comme la meilleure offre finale qu’elle puisse faire. Mais encore une fois, le conseil d’administration a déclaré de manière unanime que cette proposition sous-évalue matériellement l’entreprise « et a un niveau de risque inacceptablement élevé, et n’est donc pas dans le meilleur intérêt des actionnaires de Qualcomm ». En somme, Broadcom devrait revoir sa copie au risque de ne pas pouvoir faire aboutir cette transaction.

En se basant sur la cotation en bourse de Qualcomm qui est d’environ 65,60 dollars par action, certaines personnes pourraient se dire que cette entreprise prend un risque en n’acceptant pas l’offre de Broadcom. Mais, avec les démarches menées par Qualcomm pour acquérir à hauteur de 38 milliards de dollars (environ 119 dollars par action) NXP, l’une des vingt plus grandes entreprises mondiales en termes de ventes dans le domaine des semi-conducteurs, cela donnerait encore de la valeur à Qualcomm. Et à ce sujet, Reuters rapporte que Broadcom aurait déclaré que son offre d’acquisition dépendait soit de l’achat de NXP par Qualcomm à des conditions actuellement divulguées de 110 $ par action en espèces, soit de la résiliation de la transaction. Broadcom souhaiterait donc que Qualcomm fasse une offre maximale de 110 dollars par action, ce qui est inférieur à ce que propose Qualcomm (environ 119 dollars par action) et également inférieur à ce qu’exigeraient certains actionnaires de NXP. A noter que pour ce qui concerne la fusion avec NXP, il ne reste plus que de l’organe de régulation chinois MOFCOM dans le monde qui n’a pas encore approuvé l’accord Qualcomm-NXP.

Du côté de Broadcom, en dépit des obstacles flagrants qui se dressent sur sa route pour racheter Qualcomm, Broadcom basée à Singapour, aurait déclaré être prête à procéder à certains dessaisissements pour satisfaire les autorités de règlementation antitrusts, mais résistait encore aux « autres engagements qui pourraient être attendus » des organismes de régulation gouvernementaux, car ces derniers craindraient un trop grand monopole qui pourrait conduire à des abus de position dominante.

En outre, lors de la réunion entre ces deux fabricants de semi-conducteurs, Broadcom aurait accepté de se départir si nécessaire de son propre commerce de Wifi, au lieu de celui de Qualcomm, a indiqué une source proche des informations confidentielles de la réunion. Broadcom aurait souhaité également que Qualcomm inclue dans l’accord de fusion le fait qu’elle s’abstienne de poursuites judiciaires liées à l’octroi de licences pendant que l’accord est examiné par les régulateurs, selon la source, mais Qualcomm a opposé un refus pour cette proposition.

Pour apporter plus de garanties aux actionnaires de Qualcomm, Broadcom avait mis sur la table une indemnité de rupture de 8 milliards USD AU cas où les autorités antitrusts bloqueraient la transaction. Mais au sortir de la dernière réunion, le PCA de Qualcomm a déclaré ceci : « Notre conseil est très conscient de la nécessité de protéger les actionnaires de Qualcomm contre les risques considérables d’accepter une transaction qui n’aboutit pas. Des frais de rupture dans la fourchette proposée par Broadcom ne sont pas près de compenser ces risques ». C’est donc à croire qu’en plus de rejeter l’offre d’acquisition faite par Broadcom, l’entreprise de San Diego remet également en cause l’indemnité proposée par Broadcom en cas de non-aboutissement de la transaction.

Enfin, Qualcomm affirme au terme des échanges avec Broadcom que « bien que la proposition actuelle de Broadcom soit inacceptable, notre conseil d’administration se concentre intensément sur la maximisation de la valeur pour les actionnaires de Qualcomm, que ce soit en exécutant sa stratégie de croissance ou en vendant la société. Notre conseil est ouvert à d’autres discussions avec Broadcom pour voir si une proposition qui reflète de manière appropriée la vraie valeur des actions Qualcomm, et assure un niveau approprié de certitude de transaction, peut être obtenue ».

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