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Mark Zuckerberg explique que Facebook n’a pas l’intention d’étendre le RGPD

Au reste du monde, mais promet de s'inspirer de cette loi européenne

Le 25 mai 2018, la loi européenne relative à la protection des données la plus importante de ces 20 dernières années entrera en vigueur. Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) va alors remplacer la Directive sur la protection des données personnelles actuellement en vigueur et adoptée en 1995. Le RGPD renforce les droits des individus concernant leurs données personnelles. Il vise à uniformiser les lois sur la protection des données au sein de l’Union européenne, quel que soit le pays où les données sont traitées.

Fin janvier 2018, la directrice des opérations de Facebook, Sheryl Sandberg, a annoncé la semaine dernière que la société va créer un nouveau centre de confidentialité qui va regrouper les paramètres du réseau social en un seul endroit. De plus, Facebook a publié ses principes de confidentialité à cette période pour la première fois et envisage encore de déployer des vidéos éducatives pour aider les utilisateurs à contrôler les accès à leurs informations.

Il faut dire que Facebook est l’une des premières cibles du RGPD, d’autant plus que l’entreprise est déjà confrontée à plusieurs enquêtes de la part des autorités de protection des données (DPA) de certains pays l’UE, sur l’utilisation des données des utilisateurs et le suivi des activités en ligne. Les choses ne s’arrangent certainement pas pour l’entreprise qui a été éclaboussée par une succession de scandales ayant débutés par Cambridge Analytica.

Autant d’éléments qui font que l’entreprise fait face à des demandes d’amélioration de la protection de la vie privée.

La RGPD est considérée par certains (dont Reuters) comme étant « la plus grande refonte de la vie privée en ligne depuis la naissance d’Internet, donnant aux Européens le droit de savoir quelles données sont stockées sur eux et de les supprimer ». Il n’est donc pas étonnant de voir le quotidien Reuters demander au PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, si celui-ci a l’intention d’appliquer cette nouvelle loi en dehors des frontières européennes.

Zuckerberg a déclaré à Reuters dans un entretien téléphonique que Facebook travaillait sur une version de la loi qui allait être déployée sur l’ensemble des déclinaisons de son service, apportant quelques garanties de confidentialité européennes au monde entier. Cependant, lorsqu’il lui a été demandé quelles parties de cette loi ne serait pas implémentée pour un déploiement mondial, il n’a pas apporté de précisions : « Nous sommes encore en train de clore les détails à ce sujet, mais il devrait être directionnellement, dans l’esprit, le tout », s’est il contenté de répondre.

Par ailleurs, Reuters précise qu’Apple et d’autres entreprises technologique ont déclaré qu’elles prévoyaient de donner aux citoyens des États-Unis et d’autres pays dans le monde les mêmes protections et droits que ceux qui seront accordés aux Européens dès le 25 mai 2018.

Le combat pour une meilleure protection des données

Les groupes de défense de la vie privée ont exhorté Facebook et ses concurrents de la Silicon Valley comme Alphabet d’appliquer le RGPD dans le monde entier : « Nous voulons que Facebook, Google et toutes les autres entreprises adoptent immédiatement aux Etats-Unis et dans le monde toutes les nouvelles protections qu’ils mettent en place en Europe », a déclaré Jeff Chester, directeur exécutif du Center for Digital Democracy.

Mais il y a de quoi faire réfléchir les poids lourds en termes de revenus publicitaires que sont Facebook et Google ; les données de milliards d’utilisateurs sont bel et bien la base des publicités plus ciblées et donc de l’augmentation de leur chiffre d’affaire.

À cause de l’énorme pression qui pèse sur ses épaules dû à la saga de scandales, Facebook a de moins en moins de marge de manoeuvre possible.

Zuckerberg a déclaré que beaucoup des outils qui font partie de la loi, tels que la capacité des utilisateurs à supprimer toutes leurs données, sont déjà disponibles pour les utilisateurs sur Facebook : « La grande majorité de ce qui est requis ici sont des choses que nous avons déjà implémenté depuis des années à travers le monde et pour tout le monde », a-t-il déclaré.

Lorsque le RGPD entrera en vigueur le 25 mai, les citoyens des pays de l’UE auront le droit de transférer leurs données vers d’autres réseaux sociaux, par exemple. Facebook et ses concurrents devront également être beaucoup plus précis sur la façon dont ils prévoient d’utiliser les données des personnes, et ils devront obtenir un consentement explicite.

Ce règlement est donc susceptible d’avoir un impact non négligeable sur des entreprises comme Facebook puisque cela pourrait réduire la valeur des publicités dès lors que l’entreprise ne pourra plus utiliser les informations personnelles aussi librement.

Rappelons que le non-respect de cette loi peut entraîner une pénalité maximale de 4% du chiffre d’affaires annuel.

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