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Les médias sociaux pourraient-ils causer la dépression chez les enfants ?

Un jeune recouvre la santé mentale en réduisant son temps sur les réseaux

Depuis des années, de nombreuses personnes n’ont de cesse d’attirer l’attention sur la mauvaise influence et l’addiction qui peuvent façonner négativement le comportement des personnes attachées aux réseaux sociaux. Récemment, un médecin généraliste nommé Rangan Chatterjee au Royaume-Uni a reçu un garçon de 16 ans après que celui-ci s’est infligé des blessures et s’est retrouvé à l’hôpital au service des accidents et urgences. Après avoir reçu l’enfant, la première pensée qui anima le docteur « a été de le mettre sous antidépresseurs », confie le médecin. Mais en échangeant avec le jeune garçon, Chatterjee a vite fait de soupçonner une relation de cause à effet entre son utilisation des médias sociaux et sa mauvaise santé mentale.

Le Dr Chatterjee a donc suggéré une solution simple — l’adolescent devrait essayer de se sevrer des médias sociaux, en se limitant à une heure seulement avant de se coucher. Au cours de quelques semaines, il devrait prolonger cela à deux heures la nuit et deux heures le matin. Après avoir appliqué cette solution pendant un certain temps, le médecin a noté une amélioration significative du bienêtre de l’enfant. Et après six mois, la mère de l’adolescent adressa une lettre au médecin en déclarant qu’il était plus heureux à l’école et intégré dans sa communauté locale.

À partir de ce cas, si l’on avait encore des doutes sur les conséquences négatives des réseaux sociaux sur le comportement des utilisateurs, pour le médecin, il est clairement établi sans autre forme de preuve que « les médias sociaux ont un impact négatif sur la santé mentale ». Il ajouta ceci : « Je pense que c’est un gros problème et que nous avons besoin de règles : comment éduquer la société à utiliser la technologie pour qu’elle nous aide plutôt qu’elle ne nous nuise ? »

Certaines personnes ont depuis longtemps perçu les inconvénients liés à l’addiction aux technologies en général et ont adopté des solutions radicales. Parmi ces personnes, nous avons par exemple Steve Jobs qui déclara à Nick Bilton en 2010 lors d’un entretien que ses enfants n’avaient jamais utilisé d’iPad. Il ajouta que « nous limitons l’utilisation des nouvelles technologies à la maison ». Il n’y a pas que Steve Job qui est conscient des dangers auxquels sont exposés les enfants ou les jeunes. Evan Williams, l’un des fondateurs de Twitter affirmait également, il y a quelques années, que ses deux jeunes garçons ne disposent pas d’iPad, mais plutôt de livres qu’ils peuvent lire à n’importe quel moment.

Pour aller dans le même sens, un groupe d’experts de la protection de l’enfance a adressé à la fin du mois dernier une lettre au CEO de Facebook, Mark Zuckerberg, afin de lui demander de fermer Messenger Kids, la première application du réseau social Facebook conçue spécialement pour les enfants de moins de 13 ans. Comme arguments avancés, le groupe explique que cela pourrait créer une addiction des appareils numériques et des médias sociaux chez les enfants, ce qui aurait pour conséquence de mettre à mal le bon développement des enfants.

Pour Louise Theodosiou, psychiatre-conseillère à l’hôpital Royal Manchester Children’s Hospital, au Royaume-Uni, l’une des indications les plus claires que les enfants passent trop de temps sur leur téléphone est leur comportement au cours d’une séance avec un psychiatre. Selon elle, « il y a deux ou trois ans, il était très inhabituel qu’un enfant réponde à son téléphone ou à un message lors d’un rendez-vous, mais maintenant c’est courant ». Et parmi ceux qui manifestent de l’addiction à ces technologies, Theodosiou soutient que certains enfants, même s’ils ne sont pas nombreux, sont tellement accrocs qu’ils ont cessé de sortir de leur chambre en raison de leur dépendance aux médias sociaux, aux plateformes de jeu ou aux deux. « Ces enfants vivent dans un monde fictif, parfois au détriment de leur santé physique. Ils peuvent avoir une mauvaise santé physique, comme un mal de dents, mais ne veulent toujours pas quitter leur monde virtuel », déclare la psychiatre.

Une étude de l’Université de Glasgow a démontré que de nombreux adolescents sont tellement investis dans les médias sociaux et si inquiets de rater des messages qu’ils se connectent en plein milieu de la nuit pour faire des mises à jour de leur compte, conduisant à la privation de sommeil.

D’autres enfants par contre sont tellement attachés à ces réseaux que les parents sont obligés de dormir avec le routeur de la maison pour s’assurer que les enfants ne puissent pas se connecter au wifi au milieu de la nuit, rapporte Theodosiou. En outre, même pour les enfants dont l’utilisation des médias sociaux peut être jugée normale, il existe toujours des dangers dans la façon dont Internet est devenu un intermédiaire dans la vie des amis et des célébrités, avertit la conseillère.

Selon l’analyse faite par le Dr Theodosiou, une des raisons de la mauvaise influence de ces réseaux sur les jeunes est liée au fait que « les jeunes ont besoin de regarder les autres de manière compulsive et se fâchent parce qu’ils sentent que leur vie n’est pas comme celle des autres ». Elle ajouta qu’ils pensent que leurs amis ont une meilleure vie qu’eux, même s’ils ne voient qu’une version idéalisée de la vie des autres.

Pour apporter des solutions face à ce phénomène qui n’est pas admis par tous, Karim Palant, directeur des politiques publiques de Facebook au Royaume-Uni, a déclaré à la BBC : « Nos recherches montrent que lorsque nous utilisons les médias sociaux pour communiquer avec des personnes qui nous sont chères, cela peut être bénéfique pour notre bienêtre. » Apple, pour sa part, a récemment fait face à des appels de ses investisseurs afin d’agir sur la dépendance au smartphone, avec un logiciel limitant la durée pendant laquelle les enfants peuvent utiliser leur appareil.

Mais pour le Dr Theodosiou, les parents pourraient par exemple « garder un œil sur le temps que les enfants passent en ligne » et s’assurer qu’il n’interfère pas avec des activités telles que socialiser, faire de l’exercice, manger et dormir, ou encore, envisager des interdictions sur les appareils au moment des repas et les emporter une heure avant le coucher. Le docteur conseille également de parler « régulièrement aux enfants de ce qu’ils font en ligne, des messages qu’ils ont rédigés tel jour, avec qui ils sont amis et la manière dont cela affecte leur humeur. »

Mais ces solutions pourront-elles efficacement régler le problème ?

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