Facebook va demander à ses utilisateurs d’accepter que certaines de leurs activités soient pistées

Par souci de rentabilité

Suite au scandale de Cambridge Analytica, Facebook devrait très bientôt modifier sa politique de confidentialité en obligeant les utilisateurs de sa plateforme à accepter que certaines de leurs données ou activités soient collectées ou pistées en fonction de leurs interactions.

« Tout le monde, quel que soit l’endroit où il se trouve, sera invité à examiner des informations importantes sur la façon dont Facebook utilise leurs données et à faire des choix concernant la [protection de] leur vie privée sur Facebook », a indiqué l’entreprise sur son blog. Et l’entreprise d’ajouter : « Vous avez le choix de nous laisser ou non accéder à ces données. Vérifiez les informations de votre profil et retirez tout ce que vous ne voulez pas partager ».

Concrètement, l’utilisateur pourra accepter ou modifier les paramètres de certaines fonctionnalités proposées sur le réseau social, notamment celles impliquant le suivi de ses activités, l’accès à tout ou partie de ses données ou l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale par le biais des « fenêtres d’autorisation ». Ces dernières affichent plusieurs paragraphes de texte explicatif et des boutons permettant de modifier les options ou d’accepter les conditions sans modification.

Un bouton « accepter et continuer » mis en évidence par sa couleur bleue pourra être activé sur ces fenêtres d’autorisation, lorsque l’utilisateur souhaite poursuivre son interaction. Un second bouton « gérer la configuration des données » est présent sur la même fenêtre, mais il ne devrait pas être possible de refuser les conditions proposées. Les utilisateurs seraient dès lors contraints d’accepter les conditions d’utilisations du service et sa nouvelle politique de confidentialité. Une manière peut-être pour l’entreprise de donner à ses utilisateurs l’illusion du contrôle de ses données ?

La firme devrait également proposer des outils améliorés pour consulter, supprimer et télécharger les données qu’elle recueille. Elle devrait aussi limiter certaines fonctions disponibles sur sa plateforme lorsque celle-ci est utilisée par des mineurs.

La firme de Menlo Park estime ces mesures nécessaires afin de garantir un niveau de rentabilité acceptable pour ses opérations, sachant que la majeure partie de ses revenus sont tirés de la publicité et que le ciblage des annonces publicitaires sur sa plateforme s’avèrerait être le principal catalyseur de la croissance de ses revenus. Elle a d’ailleurs précisé qu’il est impossible d’échapper ou de bloquer complètement la publicité ciblée sur sa plateforme.

Rob Sherman, responsable adjoint de la sécurité chez Facebook, a déclaré à ce propos que le réseau social commencerait cette semaine à solliciter la permission de ses utilisateurs Européens pour diverses utilisations de Facebook, tout en insistant sur le fait qu’à la base, « Facebook est un service financé par la publicité ». Il a par conséquent a tenu à préciser que « toutes les publicités sur Facebook sont ciblées dans une certaine mesure, ce qui est également vrai pour la publicité hors ligne ». Il terminera en rappelant que « les gens peuvent choisir de ne pas être sur Facebook s’ils le désirent ».

Ces nouvelles mesures devraient notamment permettre au géant technologique américain d’aligner sa politique de confidentialité aux nouvelles exigences européennes en matière de protection des données qui seront prochainement introduites avec l’entrée en vigueur de la directive RGPD. En outre, elles devraient permettre aux utilisateurs de limiter l’accès à certains types de données utilisées habituellement pour cibler les publicités.

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