Facebook minimise les impacts du GDPR sur ses affaires et rassure ses investisseurs

Qui ont exprimé des inquiétudes

Facebook avait annoncé la mise à jour de ses politiques de confidentialité en marge de la mise en œuvre du GDPR, dont l’entrée en vigueur est attendue pour le 25 mai. La firme de Palo Alto entend à travers cette action redorer son blason sur le plan européen et même sur le plan mondial en utilisant le GDPR comme standard, après le scandale de Cambridge Analytica. Durant le « Facebook Q1 earnings call », les investisseurs ont exprimé leur inquiétude quant à l’impact du GDPR sur les revenus publicitaires de l’entreprise. Selon une analyse de Goldman Sachs, les revenus de Facebook pourraient être réduits de 7 % (environ 2,8 milliards de dollars) lorsque le règlement général sur la protection des données (GDPR) entrera en vigueur en Europe en mai. Durant la conférence, des analystes de Wall Street ont adressé plusieurs questions aux dirigeants sur cet impact.

Le directeur financier, Dave Wehner a confirmé que la croissance des utilisateurs de Facebook en Europe pourrait ralentir, voire diminuer, à mesure que l’entreprise accepterait les nouvelles règles de confidentialité. Cependant, il minimise les impacts en ajoutant qu’ils pourraient ne pas être significatifs en Europe. À la question de savoir si ces impacts seraient étendus au restant du monde, la chef de l’exploitation, Sheryl Sandberg, répond par la négative. Elle affirme que le règlement sera appliqué intégralement, mais différemment selon les zones. « Nous allons faire les mêmes contrôles et réglages disponibles [partout], ce qui donne aux gens les mêmes possibilités de faire les mêmes choix », déclare-t-elle. Elle ajoute cependant que ce ne sera pas le même format selon la localisation de l’utilisateur. Il faut rappeler que le GDPR exige que toutes les entreprises obtiennent le consentement clair des utilisateurs sur la collecte de données. En suivant à la lettre les règles du GDPR, ils demanderaient théoriquement à tous les utilisateurs d’opter pour la collecte de données de la même manière que les utilisateurs en Europe.

Le scénario catastrophe serait pour la firme, que les utilisateurs choisissent de partager moins, ce qui rendrait le ciblage plus difficile et plus coûteux. Par conséquent, les annonceurs pourraient ne pas dépenser autant. Ce scénario n’inquiète apparemment pas les dirigeants de Facebook. En effet, le directeur financier de la société affirme : « Je ne pense pas que nous assistons à un véritable scénario catastrophe. » Il ajoute : « Je pense que nous voyons une opportunité de vraiment faire valoir les arguments [pour les publicités ciblées]. » Néanmoins, s’il survient la société serait contrainte de modifier son modèle économique axé sur les publicités, avec la possibilité d’introduire un abonnement. Ce point a été rejeté à deux reprises durant la conférence avec la justification qu’il ne convenait pas à la philosophie de l’entreprise. « Nous pensons que les publicités sont un excellent modèle d’affaires qui correspond à notre mission », a déclaré M. Zuckerberg. Facebook a signalé que les utilisateurs consacraient 50 millions d’heures de moins par jour au service, durant le premier trimestre de l’année. Cette fois, Zuckerberg et Wehner étaient beaucoup plus vagues et ont finalement refusé de répondre à la question. Il faut noter que les actions de Facebook ont augmenté de près de 7 % après les heures de négociation qu’a duré la rencontre.

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