Facebook extrait des données linguistiques des profils publics de ses utilisateurs

Pour mieux cibler ses publicités

Le réseau social Facebook est depuis un moment confronté à un problème de confidentialité lié à l’utilisation des données de ses utilisateurs par le cabinet de conseil politique Cambridge Analytica. Facebook avait annoncé à San Francisco que les données utilisées par Cambridge Analytica incluaient les messages privés des utilisateurs.

Facebook a déposé un brevet portant les noms de Michael Nowak, un membre de son personnel et du professeur Dean Eckles, enseignant au Massachusetts Institute of Technology. Le brevet a été mis à jour deux fois dont la dernière en 2016. Il mentionne qu’il est possible de déterminer les caractéristiques de la personnalité d’un utilisateur à partir « des mises à jour de statut, des notes, des messages, des publications, des commentaires ou toute autre communication à partir de laquelle des données linguistiques peuvent être extraites. »

Le brevet indique en outre que les caractéristiques de la personnalité sont utilisées « pour sélectionner des news, des publicités ou des recommandations d’actions présentées à l’utilisateur ». Mais « Facebook dit qu’il n’a jamais utilisé le test de personnalité dans ses produits », affirme BBC. Par contre, « Le cabinet de conseil politique Cambridge Analytica a affirmé qu’il utilisait une technique similaire, connue sous le nom de psychographie, dans son travail », ajoute le média.

Facebook accuse Cambridge Psychometrics Centre pour avoir fourni à la société Cubeyou « des données recueillies lors d’une série de questions (quiz) sur la personnalité pour des fins de recherche universitaire. » Ainsi, le réseau social retire de sa plateforme Cambridge Psychometrics Centre qui nie les faits qui lui sont reprochés. « Nous avons eu plusieurs conversations et réunions avec des chercheurs de Facebook remontant à 2011. Toutefois, Facebook a choisi de ne pas publier ses recherches, ainsi les utilisateurs ne sauront donc pas comment leurs données peuvent être utilisées » a déclaré un porte-parole du centre.

En 2011, le professeur Eckles a manifesté dans un courriel vu par BBC, son intérêt pour les recherches des universitaires de Cambridge : « Nous avons utilisé l’analyse des données linguistiques pour déduire des traits de personnalité […] nous avons un manuscrit qui subit quelques révisions actuellement », a-t-il écrit.

Srikant Ayyar, un autre employé de Facebook, écrit à son tour en 2013 : « Notre groupe fait un travail similaire dans le but d’améliorer notre produit pour les personnes qui l’utilisent et pour les annonceurs ... nous travaillons pour assurer l’épanouissement de Facebook et l’épanouissement dans les données que nous collectons. »

« Comme de nombreuses entreprises, nous demandons une grande variété de brevets pour protéger notre propriété intellectuelle. Le brevet que nous avons demandé dans ce domaine n’a jamais été utilisé dans les produits de Facebook ou utilisé à d’autres fins », précise le réseau social dans un communiqué pour rassurer ses utilisateurs.

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