En colère, un actionnaire de Facebook compare Zuckerberg à Vladimir Poutine

Il est accusé de pratiquer la « dictature d’entreprise »

La vie du géant des réseaux sociaux est émaillée, depuis le début de cette année, de vagues critiques acerbes de la part non seulement des groupes d’activistes et des utilisateurs mécontents, mais également des États, suite à l’implication de Facebook dans un énorme scandale de données après qu’il a été révélé qu’au moins 87 millions de données d’utilisateurs ont été récoltées à leur insu. C’est d’ailleurs ce qui a emmené Zuckerberg à se présenter devant les parlements des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Europe pour répondre de cette fuite de données utilisateurs. Il est par ailleurs réclamé au parlement russe où son témoignage est attendu.

La réunion des actionnaires, à Menlo Park du 1er juin, n’était pas une réunion ordinaire, a rapporté The Mercury News. Mark Zuckerberg, qui contrôle la société par des actions spéciales qui lui donnent plus de voix que les autres actionnaires, était convié à répondre aux inquiétudes des actionnaires à propos des derniers mois difficiles traversés par le groupe.
Un premier investisseur a comparé la mauvaise gestion des données des utilisateurs du réseau social à une violation des droits de l’homme. À sa suite, un autre a averti Facebook d’éviter d’autres scandales à l’avenir. Et l’un d’entre eux a conseillé à Mark Zuckerberg d’imiter George Washington, et non Vladimir Poutine, et d’éviter de transformer Facebook en une « dictature d’entreprise », a rapporté The Mercury news.

La réunion de Facebook s’est déroulée dans une ambiance surchauffée. Une dame a été conduite hors de la réunion, dès les premières minutes, à cause des interruptions répétées. Les activistes se sont manifestés par un avion flottant au-dessus de la réunion et entraînant une banderole portant les phrases suivantes : « VOUS AVEZ CASSÉ LA DÉMOCRATIE » et « Liberté de Facebook ». Le groupe d’activistes de la vie privée et anti-monopole demandait à la FTC (US Federal Trade Commission) de démembrer l’entreprise.

Une liste de controverses a été dressée par un autre actionnaire après que Zuckerberg ait détendu l’atmosphère « Il s’est passé beaucoup de choses depuis l’année dernière où nous étions ici. » Entre autres controverses sur cette liste, il y avait l’ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle américaine, la propagation de la désinformation et les inquiétudes sur la confidentialité des données. D’autres préoccupations ont été soulevées.

Zuckerberg a réagi de la même manière que devant les législateurs américains et européens lorsqu’il y a été invité, à savoir que la société est consciente de la situation. Lorsque Facebook a créé son entreprise, « nous n’avons pas fait assez pour être proactifs sur la façon dont les gens peuvent abuser de ces outils », a ajouté Zuckerberg. Facebook investit pour faire les changements nécessaires pour assurer l’intégrité des élections, réduire la prolifération de faux comptes d’utilisateurs, et plus encore, a-t-il ajouté. « Nous sommes également très concentrés sur la transparence », a déclaré M. Zuckerberg en faisant référence aux politiques sur la modération du contenu que la société venait de publier pour une toute première fois.

Facebook s’est prononcé sur tout, des préjugés à leurs impacts sur la communauté. La société veut également être considérée comme une plate-forme neutre pour toutes les idées, a déclaré Zuckerberg. Le PDG soutient également que Facebook travaille à investir dans des solutions de transport pour faciliter la circulation autour des bâtiments de son siège.

En réponse à la dernière question à savoir pourquoi tout le monde blâme Facebook, Zuckerberg répond en disant, quand il voit une couverture de nouvelles négatives, « Je ne suis pas d’accord avec tout cela, mais je pense que certains d’entre eux sont très justes. », a rapporté The Mercury News.

Malgré cette réunion enflammée des actionnaires mécontents et inquiets de l’avenir de leur groupe, les actions de Facebook ont augmenté de 2,19 % jeudi pour clôturer à 191,78 $ par action.

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