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Des travailleurs chinois décrivent des conditions extrêmement difficiles dans une usine de montage d’iPhone

Mais Apple déclare qu'il n'en est rien

Dans un complexe de fabrication de Catcher Technology Co. dans la ville industrielle chinoise de Suqian, les travailleurs sont à l’ouvrage pendant dix heures par jour dans des ateliers chauds sur des chaînes de montage d’iPhone. Il arrive qu’ils soient amenés à manipuler des produits chimiques nocifs, et ce, sans gants ni masques appropriés.

Ce sont là certaines des conditions décrites dans un rapport publié mardi par le groupe de défense China Labour Watch (CLW). Elles viennent montrer le revers de la médaille du boom technologique que connaît la seconde économie mondiale du classement 2017 du FMI.
En effet, les recruteurs chinois ont l’opportunité de construire des produits électroniques grand public, ce qui va leur permettre d’attirer des millions de travailleurs qui sont souvent sans instruction ni ressources.

Selon les entretiens que Bloomberg a eus avec certains travailleurs, les lunettes et les bouchons d’oreille ne sont pas toujours disponibles, ce qui peut s’avérer problématique lorsque certaines machines d’usine sont bruyantes et pulvérisent de minuscules particules métalliques ou de liquide de refroidissement.

Des centaines de travailleurs se pressent dans un atelier où la porte principale n’ouvre qu’à environ 12 pouces. Hors service, ils retournent dans des dortoirs parsemés de débris, dépourvus de douches ou d’eau chaude. Les travailleurs ont assuré à Bloomberg qu’il arrive à plusieurs d’entre eux de ne même pas pouvoir se laver pendant des jours.

« Mes mains sont devenues blanches après une journée de travail », a déclaré l’une des travailleuses, qui gagne un peu plus de 4000 yuans par mois (un peu plus de 2 dollars l’heure) dans son premier emploi à l’extérieur de sa province natale. Elle s’est tournée vers Catcher parce que l’entreprise de décoration de son mari battait de l’aile. « Je me contente de dire de bonnes choses à ma famille et je garde les souffrances comme celle-ci pour moi ». Tous les travailleurs qui ont parlé avec Bloomberg ont demandé au quotidien de préserver leur anonymat, probablement par peur des représailles.

Bloomberg note qu’Apple a passé des années à réprimander les fabricants après une vague de suicides chez son principal partenaire, Foxconn Technology Group, en 2010 qui a provoqué l’indignation sur les environnements de travail difficiles dans lesquels ses gadgets haut de gamme sont assemblés. Aussi, Foxconn a embauché des conseillers psychologiques, mis en place un centre de soins de 24 heures, et attaché de grands filets aux bâtiments de l’usine pour prévenir les suicides impulsifs, selon un rapport de progrès publié par Apple en 2011. Le quotidien assure également que, peu de temps après, Apple a développé des standards et a commencé à auditer les centaines d’entreprises qui produisent des composants pour ses appareils, menaçant d’arrêter de faire des affaires avec ceux qui bafouent les lois du travail.

Mais l’ampleur de la chaîne d’approvisionnement d’Apple, ainsi que des variables moins quantifiables telles que le niveau de vie et l’assainissement, rendent la surveillance et l’application de ces normes difficiles. Apple vend plus de 200 millions d’iPhone par an ces temps-ci, contre 40 millions lors de son exercice de 2010. Il externalise la fabrication, augmentant la rentabilité. À la fin de l’année dernière, la société a lancé pour la première fois deux nouveaux modèles d’iPhone, faisant pression sur les fournisseurs pour qu’ils produisent des millions de combinés avant la période des fêtes.

Un porte-parole d’Apple a déclaré que la société avait ses propres employés dans les installations de Catcher, mais a envoyé une équipe supplémentaire pour auditer le complexe après avoir entendu parler de l’imminence du rapport du CLW. Après s’être entretenue avec 150 personnes, l’équipe d’Apple affirme n’avoir trouvé aucune preuve de violation de ses normes. Catcher, qui reçoit près des deux tiers des ventes d’Apple, a déclaré dans un communiqué séparé avoir également mené une enquête, mais n’avoir rien trouvé qui suggère qu’il avait enfreint le code de conduite de son client.

« Nous savons que notre travail n’est jamais terminé et nous enquêtons sur chaque allégation faite. Nous restons déterminés à faire tout notre possible pour protéger les travailleurs de notre chaîne d’approvisionnement », a ajouté la porte-parole d’Apple.

Pourtant, après une enquête de trois mois impliquant un enquêteur infiltré et une cinquantaine d’entrevues avec des travailleurs, CLW a indiqué avoir trouvé des problèmes majeurs de santé et de sécurité au travail, de pollution et d’horaires de travail dans le complexe industriel de Suqian géré par Catcher qui travaille avec Apple et d’autres entreprises et fabrique des pièces, y compris les boîtiers iPhone et MacBook.

Le groupe de défense a allégué que les salaires des travailleurs démissionnaires ne sont pas réglés le jour où ils démissionnent, pourtant, comme le rappelle CLW, Catcher est légalement tenu de le faire en Chine. Les agences de recrutement refusent parfois de laisser partir les employés contractuels, retenant tout leur salaire s’ils insistent pour partir, selon le rapport de CLW et les interviews de Bloomberg avec les travailleurs. D’autres constatations indiquent soit une violation du code de conduite des fournisseurs d’Apple, soit un non-respect des normes énoncées par Catcher, soit simplement une mise en évidence des conditions difficiles dans les installations, selon CLW. Néanmoins, le groupe n’a trouvé aucun cas de travail des enfants lors de sa récente enquête.

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